La crise actuelle: économique, sociale, humaine.

Publié le par Thierry T

L'augmentation de la pauvreté et de la précarité , de plus en plus de personnes mal logées, le chomage qui ne cesse de grimper, une société en crise dans tous les domaines , voilà ce qu'on lit et ce qu'on entend presque tous les jours. Mais si presque toutes les générations ont connu tourments, incertitudes et soubresauts, la crise actuelle est caractérisée par sa très grande ampleur, par son aspect transnational ou universel, par le fort sentiment d'impuissance qui l'accompagne et par sa généralité.

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Plan de l'article :

La répartition des salaires en France
Tous les champs d'action et de réflexion de l'humanité sont en crise
Les mentalités collectives
Un peu d'histoire
Les clivages sociaux
Une Europe en crise
En conclusion


1) Une donnée: la répartition des salaires en France

distribution-salaire-mensuel-france

Ce graphique montre la répartition des salaires en France. Il ne tient pas compte des personnes qui ne gagnent aucun salaire ou indemnité de chômage. Seules les personnes susceptibles de gagner un revenu sont comptés.
10% gagnent à hauteur du Smic et 50% de la population gagnent 1800 €. Seuls 10% gagnent un salaire net supérieur à 3660 € / mois.
 


2) Tous les champs d'action et de réflexion de l'humanité sont en crise 

  • le système des valeurs est en crise : Dans l'esprit de nos contemporains, il n'y a plus de repères incontestables auxquels les hommes et les femmes pourraient ancrer leurs vies.
  • Les relations humaines sont en crise parce qu'elles portent de plus en plus la marque de l'indifférence, de la peur ou de la haine. Les mutations sociologiques et les nouvelles moeurs conduisent à l'éclatement de la cellule familiale traditionnelle
  • La violence, au point que, par endroits l'Etat de droit ne parvient plus à imposer ses normes. Il y a une crise dans la recherche des solutions.
  • la science et la technologie en crise, où les découvertes scientifiques nous laissent entrevoir la stabilisation sinon la guérison de maladies considérées jusqu'il y a peu comme incurables ou irréversibles mais qui nous laissent craindre que ces innovations entraînent des effets secondaires. La peur d'avoir été trop loin.
  • L'économie aussi est en crise: plus que jamais dans l'histoire de l'humanité, les progrès technologiques permettraient de produire des biens et services de qualité, en abondance et rapidement. Pourtant les besoins fondamentaux de millions de personnes ne sont pas satisfaits ! Les annonces de licenciements des grandes entreprises multinationales sont régulièrement suivies d'une augmentation des cours de leurs actions en bourse!
  • La croissance économique , en crise, n'est plus créatrice d'emploi, les progrès de productivité sont convertis en dividendes rémunérateurs ou en diminution des coûts de production. et non plus en réductions du temps de travail ou en augmentations des salaires réels génératrices d'un accroissement de la demande globale.
  • La sphère politique et l'Etat, en tant qu'institution, n'échappent évidemment pas à la crise, notamment en raison de la perte de crédibilité de gouvernements qui ont du mal  à maîtriser les fléaux du monde contemporain.

3) Les mentalités collectives

Elles constituent vraisemblablement le déterminant le plus important du déclenchement, du degré de gravité et de la nature des crises. Voici quelques caractéristiques :

  • La conviction qu'il n'y a pas de vérité absolue dans l'ordre spirituel, religieux, éthique et social, mais bien plutôt des vérités partielles, contingentes et provisoires, issues de la culture d'une époque. C'est le relativisme.
  • La volonté de nier la nature humaine , c'est, entre autres, refuser de voir que l'origine du mal est en l'homme et non pas d'abord dans la société.
  • La croyance que les êtres humains ne sont pas véritablement responsables de leurs comportements pathologiques, ces derniers étant imputables à l'environnement socio-culturel. Cette croyance détermine grandement l'attitude de nos tribunaux et de nos systèmes d'éducation.
  • Le matérialisme pragmatiques et les résultats à court terme reconnus comme critères premiers des décisions humaines. C'est le règne de l'utilitarisme.

4) Un peu d'histoire

La Révolution française et le Siècle des Lumières ont  contribué à modifier la pensée dans les ordres théologiques, philosophiques, culturels et politiques. La Révolution industrielle a, toujours plus de précaritéquant à elle, bouleversé les domaines de l'économie et de la technologie. C'est à cette époque que les machines ont commencé à remplacer la main humaine. C'est également à cette époque que la vérité d'un Dieu personnel, transcendant et salvateur, source ultime et unique de références supra-humaines intangibles, a été contestée sérieusement par les élites. Le mouvement d'évacuation de Dieu s'est accentué au cours des deux à trois dernières décennies à un point tel que nous vivons aujourd'hui dans une société post-chrétienne.
Les hommes d'aujourd'hui sont privés d'une communauté naturelle de taille humaine qui leur serve de structure d'accueil sécurisante. En ce sens, l'homme de masse est fréquemment solitaire, individualiste et livré à lui-même dans une société atomisée fortement centralisée et organisée.


5) Les clivages sociaux

Les clivages sociaux sont de toujours parce qu'ils sont consubstantiels à la nature humaine. Mais l'effondrement de la solidarité les renforce et concourt à l'apparition d'une société dite à deux ou à plusieurs vitesses.
Toute une série d'anciens clivages renforcés et de nouveaux clivages conduisent à ces fractures sociales .

  1. un 1er clivage de plus en plus important : l'évolution fortement divergente de la rémunération du capital et du travail.
  2. Un 2ème clivage oppose les hommes et les femmes qui savent comme l'on doit savoir et ceux et celles qui ne savent pas comme l'on doit savoir. C'est d'autant plus dramatique que les entreprises ont de moins en moins besoin de travailleurs peu capables d'exercer autre chose que des tâches simples et répétitives. Dans les prochaines années, une grande partie de ce type de travailleurs sera condamnée à un chômage durable.
  3. Un 3ème clivage sépare ceux qui se comportent comme l'on doit se comporter en se conformant aux principaux codes de notre époque et ceux qui ne le font pas.
  4. Un 4ème clivage, ultra-classique et déjà indirectement évoqué oppose les hommes et les femmes pourvus d'un emploi stable aux chômeurs de longue durée.
  5. Un 5ème clivage oppose les personnes fortement ancrées dans une communauté restreinte ou large, telle qu'une famille solide ou un groupement très solidaire et protecteur, aux personnes fragilisées par leur solitude.
  6. Un 6ème  clivage, synthétisera avec toujours plus de vigueur les quatre premiers, celui qui trace une ligne de partage entre les personnes qui perçoivent des revenus suffisants  et les victimes de la nouvelle pauvreté

Ces tendances, qui s'abreuvent à l'effondrement des solidarités et à la crise des finances publiques, réduisent singulièrement la relative et satisfaisante égalité sociale qui prévalait naguère dans notre pays et surtout, vident progressivement de sa substance le célèbre et excellent postulat de l'égalité des chances qui fut l'un des joyaux de l'Europe du XXe siècle.


6) Une Europe en crise

La crise de l'Etat participe directement ou indirectement à au moins trois des quatre grandes causes de la grave crise des finances publiques qui affecte absolument tous les pays. etat de l'europe après la crise financière

En raison des critères de convergences imposés par le Traité de Maastricht, les pays membres de l'UE tentent tous de réduire leurs déficits publics à 3 % du PIB. Cette réduction n'empêche nullement l'aggravation de la dette publique. Elle ne fait que la freiner. et surtout, réduit sensiblement les marges de manœuvre des gouvernements européens, ce qui accroît leur impopularité.
Parmi tous les fléaux qui ravagent nos sociétés, le chômage et l'insécurité, certainement ceux qui taraudent le plus l'esprit des masses. Si les gouvernements ne parviennent ni à les endiguer, ni à réduire la crise politique, l'évolution actuelle mènera rapidement au chaos, à la paralysie et à l'effondrement des institutions démocratiques et libérales. Les masses appelleront un "sauveur", un nouvel "homme fort" . L'Europe a déjà connu le scénario dans les années 1930.
En revanche, si ces mêmes hommes et femmes persistent à voir dans la crise le produit d'une quelconque malchance, de la globalisation des marchés ou d'une nécessité aveugle inscrite dans l'Histoire et s'ils s'obstinent à se débarrasser de toute culpabilité pour charger des boucs-émissaires commodes de tous les fléaux de la société, la crise s'aggravera à un point tel que nous nous dirigerons vers une catastrophe majeure qui, dans un bruit assourdissant, retentira comme la résultante inéluctable et l'indicateur irréfutable de nos errements.



7) En conclusion

L'Ecriture affirme dans Gal. 6.5: Ce qu'un homme aura semé il le moissonnera aussi. Ce qu'une société sème, elle le moissonne aussi.
Déjà dans II Timothée 3:1-3 ( La Bible) nous lisons ceci :
Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traitres, emportés, enflés d'orgueil....
Le Dieu de Jésus-Christ, par respect pour le libre-arbitre qui est le garant de la liberté et de la dignité humaine, place tous les êtres humains, toutes les sociétés et toutes les générations devant ce choix: J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta postérité (Deut. 30.19).

Publié dans Econ-polit-social

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jean-louis 15/05/2015 11:01

On dirait que le navire n'a plus de capitaine. D'où les avatars nombreux et variés.
En réfléchissant un peu, on se demande comment, sans vraie démocratie, à force de coups de menton, on peut régler une contradiction flagrante entre un multiculturalisme affiché sinon forcené, une complexification croissante de la société et un contrôle de celle-ci, un ordre global nécessaire ?