asphyxie planétaire

Publié le par Thierry T

«Le temps joue contre nous.» En présentant le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), son secrétaire général, Michel Jarraud, n’a pas caché l’urgence de la situation. Selon cette agence de l’ONU, les gaz à effet de serre ont atteint en 2013 des concentrations records.

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1) Le dyoxide de carbone

Entre 2012 et 2013, le taux d’accroissement du dioxyde de carbone atmosphérique a été le plus important depuis 1984. Les conséquences de cette dégradation pourraient être désastreuses pour la planète. Pour tenter d’y remédier, il faut s’attaquer aux causes.

Quels sont les principaux gaz à effet de serre ?
Le premier gaz à effet de serre est la vapeur d’eau, le second le dioxyde de carbone. Si l’eau (vapeur et nuages) représente plus des deux-tiers de l’effet de serre « naturel », l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle du 19ème siècle est induite par les émissions d’autres gaz à effet de serre provoquées par notre activité, à commencer par le dioxyde de carbone (CO2). Leur durée de vie dans l’atmosphère peut varier énormément.

a) dioxyde de carbone (CO2) :  l’accumulation du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère contribue pour 2/3 de l’augmentation de l’effet de serre induite par les activités humaines (combustion de gaz, de pétrole, déforestation). C’est pourquoi on mesure usuellement l’effet des autres gaz à effet de serre en équivalent CO2 (eq. CO2). Les émissions de CO2 actuelles auront un impact sur les concentrations dans l’atmosphère et sur la température du globe pendant des dizaines d’années, car sa durée de vie dans l’atmosphère est de l’ordre de la centaine d’années.

b) le méthane (CH4) : les élevages des ruminants, les rizières inondées, les décharges d’ordures et les exploitations pétrolières et gazières constituent les principales sources de méthane induites par les activités humaines. La durée de vie du méthane dans l’atmosphère est de l’ordre de 12 ans.

c) le protoxyde d’azote (N2O) provient des engrais azotés et de certains procédés chimiques. Sa durée de vie est de l’ordre de 120 ans.

d) l’hexafluorure de soufre a une durée de vie de 50 000 ans dans l’atmosphère.

asphyxie planétaire

2) L’homme, premier responsable

Si une grande partie des gaz à effet de serre sont d’origine naturelle (la vapeur d’eau étant le plus important et le moins nocif), les plus dangereux résultent de l’activité humaine. Et de la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) venue surtout des transports et de la production d’électricité.

Depuis 1880, les rejets de ces gaz ont été multipliés par soixante. Au total, plus de 1 100 milliards de tonnes de CO2 ont été rejetées dans l’atmosphère. La déforestation galopante est aussi à pointer du doigt. Le CO2 émis par les arbres brûlés étant trop important pour être absorbé par ceux qui restent debout.

L’élevage intensif est quant à lui responsable de 18 % des émissions, avant tout du méthane (CH4). Légèrement moins nocif pour la planète que le CO2, sa concentration s’est accrue de 260 % par rapport au niveau préindustriel.

Mais le rapport de l’OMM met en exergue une nouvelle cause expliquant la concentration très importante de gaz à effet de serre en 2013. Selon elle, les quantités de dioxyde de carbone absorbées par la terre elle-même (notamment par les plantes), environ un quart des émissions, ne seraient plus aussi grandes qu’avant. Un constat qui, s’il se confirme, pourrait être «lourd de conséquences».


3) Réchauffement et acidité

La première conséquence de cette concentration record reste le réchauffement climatique. Les spécialistes prévoient une augmentation globale pouvant aller de 1 à 6° C au cours de ce siècle, ce qui entraînerait une augmentation du niveau de la mer de plusieurs dizaines de centimètres et des événements climatiques (inondations, sécheresses, tempêtes…) plus intenses et récurrents.

L’homme pourrait aussi être le premier à en subir les conséquences avec la multiplication des maladies liées à la pollution : affections respiratoires, cancers des poumons, etc. A plus long terme, les océans, qui absorbent aujourd’hui un quart des émissions de gaz à effet de serre, devraient aussi devenir plus acides, menaçant la survie de milliers d’espèces.

Pour inverser la tendance, ou tout du moins la ralentir, la communauté internationale doit enclencher une décroissance des émissions de gaz à effet de serre autour de 2020. Un objectif qui semble irréalisable aujourd’hui.


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Publié dans Planète : climat

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