l'extrême pauvreté

Publié le par Thierry T

En 10 ans, non seulement la pauvreté n'a pas diminué dans notre société, au contraire elle n'a cessé de s'accentuer. Il suffit d'un accident personnel ou professionnel pour que la spirale de l'extrême pauvreté s'enclenche.
Emploi , logement, santé , éducation sont les priorités de chacun de nous et la déficience de chacun d'eux qui nous enfoncent dans l'exclusion auprès des autres.

La faiblesse des minima sociaux conjuguée à l'aggravation du chômage et à la hausse exponentielle du cout de la vie rendent intenable la situation de nombreuses familles.

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1) Source IPSOS – SPF 2014 : les chiffres de la pauvreté 

66% des français disent avoir un proche dans la pauvreté.
86% des Français interrogés disent craindre de voir la pauvreté frapper leurs enfants.
L’analyse des premières données extraites de la base du SPF montrent la faiblesse des ressources des personnes accueillies au Secours populaire dont « le disponible pour vivre par jour et par personne » est en moyenne de 5,60 euros.

a) Le constat

Les personnes âgées qui dinent à 17 heures alors qu'il fait encore jour pour ne pas grever leur facture d'électricité, qui mangent froid pour ne pas utiliser leur plaque de cuisson ou encore qui vivent dans des appartements chauffés à 15 degrés.
Le plus doué des économistes ne pourrait résoudre cette équation impossible: vivre avec des charges supérieures aux ressources. Or en 10 ans, les dépenses liées aux postes majeurs ( logement, assurances, téléphone , énergie) ont explosé . Les impayés liés à des mensualités de crédits à la consommation sont en baisse et concernent moins de 10 % des impayés en 2014 ( 21% en 2011). Les minima sociaux permettent de garantir un niveau de revenu plancher mais 7% des ménages ne disposent d'aucune ressources. Certains publics ne sont en effet pas éligibles au revenu de solidarité active ( RSA), les jeunes de moins de 25 ans sans charge de famille et les étrangers en situation irrégulière.
Selon une enquête récente , la moitié des ayant droit au RSA le touche , l'autre moitié n'étant pas au courant qu'elle y a droit.

b) Statistiques en France sur l'extrême pauvreté

Le seuil de pauvreté qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 993 euros mensuels en 2013 pour une personne seule. La pauvreté continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes (dont 4.7 millions de femmes), soit 14,1 % de la population contre 13,5 % en 2009.
Cette progression affecte davantage les enfants : le taux de pauvreté des moins de 18 ans atteint 19,6 %, en hausse de 1,9 point. 
Le seuil en pauvreté, en euros constants (hors impact inflation) n'a pas beaucoup bougé depuis le passage à l'euro. En 2002 il était de 907, en 2013 il est à 993 euros, seuil constant depuis 2007.
Pour les autres catégories, il s'établit ainsi :

catégoriesseuil à 60%
personnes seules993 €
familles monoparentales avec un enfant de moins de 14 ans1253 €
familles monoparentales avec un enfant de 14 ans ou plus1446 €
couples sans enfant1446 €
couples avec un enfant de moins de 14 ans1735 €
couples avec un enfant de 14 ans ou plus1928 €
couples avec avec deux enfants de moins de 14 ans2024 €
couples deux enfant dont un de moins de 14 ans2217 €
couples deux enfants de plus de 14 ans2410 €

c) Structure en % d'un budget de dépense

dépensesmoyenne en %1er quartile le plus pauvre
Alimentation15.521
alcool tabac2.61.5
habillement7.65
logement16.225
dont loyer habitation7.514
équipement7.310
transports15.715
dont achat véhicules7.34
frais utilisation véhicule5.97
communications3.63
loisirs et cultures95
santé et enseignement4.33
autres biens et services1814

2) Gérer son budget

trop de créditIl faut d'une part déterminer quelles sont nos dépenses fixes , immuables , auxquelles nous ne pourrons rien faire.
Partons de la base d'un couple avec un enfant qui gagnent à eux deux 3000 € par mois. Ils travaillent tous les deux et gagnent 1500 € net qui est un salaire au dessous du smic.
1) Le Logement
il faut au moins 60 m2 , un F3 avec deux chambres . En fonction de la localisation en région ile de France, dans le parc privé, un 60m2 peut varier entre 800 € et 1700 € la location charges comprises. Dans le parc HLM, on pourrait imaginer la location à moitié prix sachant qu'il est calculé en fonction des revenus. On va donc conserver le montant médian, 1200 € sur le parc privé et un loyer égal à 700 € sur le parc HLM (25%).
2) Les dépenses d'énergie
Le chauffage, l'essence, l'électricité et même l'eau ont fait l'objet d'augmentation ces dernières années. Les dépenses d'énergie varient du simple au double selon qu'on habite en Ile de France ou en Province . En effet, les couts de transports sont plus élevés en Province et bien souvent les maisons individuelles y sont plus grandes et donc ont besoin de plus de chauffage.
Selon l'INSEE , les ménages dépensent en moyenne 3000 € par an. (250 € / mois )
3) Les assurances , voitures et logement
Il faut compter en moyenne pour ces 2 types d'assurances  120€ / mois
4) Un ou plusieurs crédits à la consommation
Lorsqu'il a fallu s'acheter la voiture ou bien un meuble , il a fallu recourir à un crédit à la consommation par manque de trésorerie disponible .. Il faut compter environ 100 € / mois
5) L'alimentation
ll faut compter au minimum 500 € par mois si on n'achète que des produits de bases en hypermarché, les 1er prix sans faire d'excès.
6) Le transport hors essence
En Ile de France il s'agit de la carte Navigo ( 88 € / mois ). En province il s'agira plutôt des cartes d'abonnements bus et tramways . Il faut donc compter en moyenne 85 € / mois
7) Téléphone / internet
Ce poste de dépense devient désormais une nécessité alors qu'il y a une vingtaine d'années beaucoup moins. Il faut compter au moins 45 € / mois avec l'utilisation de forfaits a minima .
8) La santé
La sécurité sociale rembourse de moins en moins et il est donc nécessaire d'avoir une bonne mutuelle . Pour une mutuelle il faut compter au moins 120 € / mois à ceci on y ajoute la partie non remboursable des consultations et médicaments qu'on peut estimer en moyenne à 20 € / mois
9) L'habillement
Pour un couple avec un enfant , le budget vêtement reste important . Il faut compter environ 100 € / mois en se limitant aux achats soldés .
10) Les autres postes de dépenses
L'achat de biens et services , l'enseignement , l'alcool et le tabac, les imprévus ( réparation voiture , quelque chose à la maison qui tombe en panne ....) sont autant de postes budgétaires tout aussi importants et significatifs mais qu'un ménage aux revenus modestes va tenter d'éviter au maximum .Moyenne pour l'ensemble de ces postes : 200€/mois

En conclusion
Loyer : 700 € ( en tenant compte des aides au logement)
chauffage/ électricité/ essence/ eau  : 250 €
assurances : 120 €
crédits à la consommation : 100 €
Alimentation : 500 €
transport : 85 € x2 = 170 €
téléphone : 35€x 2  = 70 €
santé : 140 € / mois x 2 personnes
Habillement : 100 €
autres : 200 €
Les dépenses fixes représentent donc 2500 € et donc 84% du budget . Il restera théoriquement pour ce couple 500€ par mois , pour épargner un peu , pour s'offrir de temps en temps quelques loisirs .Tout ceci sur une base d'un loyer à 700 € par mois ce qui n'est pas gagné à Paris et en Ile de France. 
NB : je n'ai pas compté les impôts considérant qu'ils sont compensés par quelques aides de l'état dont ils pourraient avoir droit
Il suffit donc que l'un des deux soit au chômage ou qu'il y ait une dépense importante imprévue pour que la pauvreté gagne du terrain dans ce couple . Pas grand chose donc...


3) A propos du SECOURS POPULAIRE FRANCAIS (SPF)

Né en 1945, le Secours populaire français est une association à but non lucratif, déclarée Grande cause nationale en 1991. Celle-ci est habilitée à recevoir des dons, des legs et des donations. L’association s’est donnée pour mission d’agir contre la pauvreté et l’exclusion en France et dans le monde. Elle rassemble des personnes de toutes opinions, conditions et origines qui souhaitent faire vivre la solidarité.
En France, le Secours populaire français est particulièrement attentif aux problèmes d’exclusion : sur le court terme, par une solidarité d’urgence basée sur l’alimentaire, le vestimentaire. L’hébergement d’urgence ou l’orientation vers une structure de soins restent aussi au coeur des préoccupations du Secours populaire. Le SPF accompagne également sur la durée, les personnes et familles dans leurs démarches et leurs droits : accès au logement, à la santé, aux vacances, à la culture et aux loisirs, au sport, à l’insertion professionnelle. Urgence ou non, le respect de la dignité des personnes aidées est primordial pour l’association. L’année dernière, les 80 000 bénévoles du Secours populaire français ont accueilli et aidé 2 632 200 personnes en difficulté.
Sur l’ensemble des continents, qu’il s’agisse d’urgence ou de projets de développement, le Secours populaire travaille étroitement avec des associations locales capables d’identifier les besoins des populations. Sur le long terme, ces partenaires locaux assurent le suivi des projets, en respectant les habitudes culturelles des populations. En 2014, Le Secours populaire a mené 151 actions et programmes de solidarité, avec 161 partenaires locaux de 65 pays du monde, en faveur de 532 390 personnes.
« Le don permet au Secours populaire de pratiquer et de développer la solidarité. S’il est vrai que la solidarité ne règle pas tout, il n’empêche qu’elle est indispensable en ces temps difficiles. Le bénévolat est indispensable pour le Secours populaire. Partout en France, dans les villes, les villages et les quartiers, ce sont les bénévoles qui se démènent sans compter pour apporter écoute, aide et soulagement aux personnes les plus vulnérables. » - Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français.
LE CARRE SOLIDAIRE DU SPF

Publié dans Econ-polit-social

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